Mondocane
  • Mondocane Thème #1 (ouverture)
  • Prisonniers de la Surface
  • Ecrasés par des chiens ou des ânes
  • Fuir la montée des eaux
  • Mauvaises synthèses
  • Quelques rares inversions
  • Un battement d’armée en marche

Le Jardin Schizologique - Collectif
Couverture Le Jardin Schizologique
Nous vous attendions.
Vous voici parvenus aux portes de notre jardin. Nous vous effrayons ? Trop... autres ?
Ce n'est pas faux. D’ailleurs, ici, rien ne l'est. Nos mondes sont semblables au vôtre, mais nos langues vous sont étrangères. Lucidité ou folie ? Une simple question d’interprétation.
Ne craignez pas nos visions prophétiques ou poétiques.
Brisez la glace.
Entrez.

Ici, en ce jardin, le théâtre monologue avec ses doubles, les soldats font l'amour avec des fantômes, et du givre sur les vitres naissent parfois des visages... Ici nous martèlent les potentialités cognitives des hélioscaphes, les pods de transmission déclament du Shakespeare et les nerfs sont des narines sous les larmes... Ici, les colonies s'effondrent, et la prophétie passe en boucle sur Radio-Eternité... Ici, nos doubles se dandinent sur la banquise et toutes les femmes ne sont qu'une... Ici, les anagrammes chantonnent leurs énigmes à tue- tête, ici, la folie se propage par voie hertzienne, les villes sont désertes et les enfants font sans fin tourner leurs hélices... Ici, l'apocalypse a des consonances funk... Ici les éditeurs ricanent devant l'éternel... Ici, en ce jardin, les notices nous prient de les lire intégralement et les fragments se réagencent... Et partout, le langage consume son surplus de sens.
Enchâssements, homophonies, visions poétiques ou prophétiques dessinent peu à peu le tracé d'un bien étrange sentier, où se devine en creux, animé par les voix entrelacées de ses auteurs, le portrait du schizo et de ses mondes.

Le Jardin schizologique est l'occasion rêvée de plonger au coeur de la folie la plus tragique, mais aussi la plus féconde, et de découvrir quelques unes des voix les plus audacieuses et les plus appréciées de la SF française. Treize nouvelles schizophréniques déchirent les voiles de la littérature et de la réalité, en une anthologie réalisée par Olivier Noël, indiscible transhumain.

Les auteurs : Mélanie Fazi (Née du givre), Frédéric Serva (Hannah), Stéphane Beauverger (Exophrène), Sébastien Wojewodka (Connect I Cut : un conte de fées clinique), Alain Damasio (Sam va mieux), Thomas Becker (False Reversion), Hugues Simard (The One), Marilou Gratini-Levit (Scopique), David Calvo (Effondrement des colonies), Philippe Curval (M.I.T.), Jeanne Julien (Sacha), Francis Berthelot (Sextuor pour solo), Jacques Mucchielli & Léo Henry (Veuillez lire attentivement l’intégralité de cette notice).

Recueil de nouvelles (collectif)
276 pages - 18 euros
ISBN : 9782917157121
Parution le 21 octobre 2010

Livres
Âme sœur
Aux Limites du son
Ceux qui nous veulent du bien
Les Chaînes d'Eymerich
Chromozone
La Cité nymphale
Le Déchronologue
L’homme qui parlait aux araignées
L'homme qui s'arrêta
La Horde du Contrevent
Le Jardin Schizologique
Le Landau du rat
Le Livre des blagues
Les Noctivores
Narcose
Narcose II – la Mémoire du crime
Narcose III- Le tueur venu du Centaure
Nicolas Eymerich, inquisiteur
NymphoRmation
Pixel Juice
Pollen
Rouge Gueule de Bois
Vurt
La Zone du dehors


L'Auteur
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La Fiche du livre
  L'extrait    
 
"Elle est née du givre, hier, sur ma fenêtre.
Les cristaux se déployaient sur les vitres. Méthodiquement, dehors comme dedans. Une couche de lichen blanc qui rampait des bords vers le centre. Elle filtrait une lumière laiteuse. Cassante, même – j’aurais cru pouvoir en détacher des fragments. Une lumière âpre et glaciale qui me hérissait le duvet sur les bras.
J’avais enfoui mon corps sous des couches de laine, mais il frissonnait toujours. Pousser le chauffage ne servait à rien. Le froid gagnait tout l’appartement. Il s’infiltrait jusque dans mes os.
Et puis son visage, sur l’une des vitres... Le motif a mis des heures à se préciser. Le givre progressait par arabesques, trop régulières pour laisser place au hasard. J’ai soufflé pour les faire fondre, mais elles m’ont ignorée. Une silhouette s’affirmait autour d’un visage encore vide – un visage creux à travers lequel la rue se devinait encore. La lumière y sculptait des reliefs. Je ne savais pas que le givre possédait tant de nuances de blanc et d’argent.
Puis le visage s’est détaillé, et la rue a disparu. Il était en relief, cette fois : une sculpture sur glace plutôt qu’un simple tableau de givre. Comme si ses traits naissaient de la vitre elle-même. Très fins, translucides et précis. Des filaments d’argent à la place des cheveux. Une lueur glaciale dans le regard.
Et elle me ressemblait. "
Premières lignes de la nouvelle "Née du givre", de Mélanie Fazi.
 
       
       
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