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L’épitaphe de l’authentique Nicolas Eymerich, dominicain nommé Inquisiteur Général d'Aragon en 1357, évoque sa personnalité : “prédicateur de la vérité, inquisiteur intrépide, docteur de premier ordre".
Dans la seconde moitié du XIVe siècle, le Grand Inquisiteur Nicolas Eymerich conduit une expédition en Savoie afin d'enquêter sur une improbable résurgence de l'hérésie cathare. Celle-ci, située dans un cadre historique minutieux, laisse apparaître petit à petit des aberrations qui trouveront des échos à différentes époques. Pourrait- il exister un lien entre l'expédition d'Eymerich en 1365 et un trafic d'organes au Guatemala dans la seconde moitié du XXe siècle ? Ou avec des recherches en génétique conduites par la Rache, organisation eugéniste et survivance du cauchemar hitlérien ? Et si ce lien existait, quelle en serait l'incroyable nature ?
Seule la main de fer d'Eymerich pourra dénouer un à un les fils de cet écheveau diabolique et libérer la vérité de ses chaînes, si étroitement emmêlées à travers les siècles. Dans cet entrelacs remarquable de coïncidences entre passé et futur se dessine une vision de notre monde où les hommes n'ont rien à envier aux démons en matière de férocité.
Avec cette deuxième aventure d'Eymerich, Valerio Evangelisti enjambe à nouveau les siècles. Suivant le fil d'une intrigue particulièrement tortueuse, menée comme dans le premier volume sur trois époques fort éloignées, il revisite une question des plus anciennes: que feraient les hommes d'un pouvoir qui les place entre les démons et les dieux ?
Roman
Science-fiction
256 pages - 18€
Traduit de l'italien par Serge Quadruppani
Illustration de couverture de Corinne Billon
ISBN :
9782917157169
Parution le 20 Octobre 2011
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« À droite d’Eymerich, près de l’entrée, une table restait vide. Au-delà se tenaient assis quatre soldats, trois jeunes et un vieux, portant les couleurs des Challant. Leurs voix parvenaient assez nettement à Eymerich, malgré le vacarme de leurs compagnons d’armes occupés à jouer. Ils avaient commandé du pain, du vin et de la soupe de haricots. Détail vraiment insolite chez des militaires, après qu’on les eut servis, ils rompirent le pain et se recueillirent pour prier, sur l’invite du plus vieux. L’inquisiteur les regarda avec intérêt.
— ... santificetur nomen tuum, adveniat regnum tuum... Eymerich, positivement impressionné, s’unit mentalement à leur prière.
Fiat voluntas tua, sicut in coelo et in terra. Panem nostrum quotidianum...
À ce point, il sursauta, en s’apercevant que sa propre prière et celle des soldats déviaient.
— Panem nostrum supersubstantialem da nobis hodie, disaient les quatre hommes.
Puis ils conclurent l’oraison sur les paroles habituelles, avant de se mettre allégrement à manger, en conversant de manière fort normale.
— Panem nostrum supersubstantialem, répéta Eymerich pour lui-même.
Il paraissait impossible qu’il se fût trompé. Il contempla longtemps les soldats d’un air pensif. Puis il se leva avec des gestes lents, salua l’hôte et rejoignit sa chambre. Complies était passé depuis longtemps. »
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